Comment avez-vous réagi lorsque vous avez gagné votre prix au Festival de Cannes ?
Quand j’ai reçu le prix, c’était une immense surprise. Je ne m’y attendais pas du tout car depuis que je suis en école de cinéma, l’idée de participer au Festival de Cannes est pour moi un honneur et un prestige. Dans mon film, j’ai expérimenté beaucoup de nouvelles techniques et manières de raconter des histoires auxquelles je n’étais pas habituée et c’était une grosse prise de risque car je ne savais pas du tout à quoi allait ressembler le résultat. Recevoir un prix a donc été très encourageant.
Que vous apporté votre prix / Qu’a-t-il changé pour vous ?
Ce prix m’a donné de la visibilité et m’a permis de rentrer en contact avec des réalisateurs et réalisatrices du monde entier. J’ai reçu beaucoup de retours du public pendant et après le Festival. Et surtout, cela m’a apporté le soutien et la confiance des producteurs et créé des opportunités de collaboration avec des cinéastes du monde entier, dont certains et certaines que j’admire profondément. Quand je suis rentrée en Chine, j’ai réalisé qu’en tant que jeune réalisatrice j’avais réellement besoin de cette confiance pour passer au niveau supérieur et travailler sur mon prochain film. Je pense que ce prix a définitivement changé ma carrière. C’est un coup d’accélérateur et ça m’a ouvert les portes de nombreuses collaborations avec de grands cinéastes.
Quels sont vos meilleurs souvenirs de Cannes ?
Il y a tellement de bons souvenirs… mais je pense que le plus marquant est la projection de mon court-métrage. Je me souviens qu’avant et après la projection, tout le public nous applaudissait, les autres réalisateurs de courts-métrages et moi. Nous avons réellement senti leur reconnaissance et leur soutien. En plus, c’était la première mondiale de mon premier court-métrage à Cannes, un grand honneur pour moi. Je suis toujours aussi excitée quand je reparle de cette expérience.
Mon deuxième meilleur souvenir s’est déroulé après la Cérémonie de clôture quand j’ai rencontré d’autres cinéastes et des gens dans la rue ou lors de soirées. C’était la première fois que j’avais une vraie conversation avec mon public et qu’ils me partageaient leurs avis et leurs ressentis sur mon film. Ça a énormément compté pour moi. C’est la raison pour laquelle je veux faire des films, c’est ma façon de communiquer avec les gens à travers le monde, en partageant nos émotions et nos idées.
Avez-vous de nouveaux projets ?
J’ai effectivement un projet en cours. C’est une histoire d’amour que je veux tourner l’hiver prochain dans ma ville natale, Harbin. Il y aura quelques éléments surnaturels comme dans mon précédent film The Water Murmurs. C’est un film qui parle de l’amour et de la mort dans une ville pleine de neige et de glace. Il raconte comment se trouver soi-même, son vrai soi, en s’affranchissant des contraintes de la réalité et du monde autour de nous en permanente mutation. Il aborde aussi les sujets de l’innocence, notre attirance pour l’autodestruction et comment se reconstruire.
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