Pouvez-vous nous parler de vous ?
Je m’appelle Tawfeek Barhom, je suis réalisateur, acteur et scénariste. J’ai grandi dans un environnement fragmenté, traversé par des frontières, et cela a profondément façonné ma manière de raconter des histoires : mon travail tourne donc souvent autour de la mémoire, de l’identité, de ce qu’on choisit ou non de regarder en face.
Qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez appris votre sélection au Festival de Cannes ?
Lorsque j’ai appris la sélection, j’étais très heureux bien sûr, mais je ne l’ai pas vécu de manière simple ni purement euphorique. J’ai toujours voulu faire des films et j’ai longtemps contourné les obstacles en devenant acteur pour être au plus près des plateaux et apprendre. Quand la nouvelle est arrivée, j’étais en Palestine dans une situation un peu compliquée. Mais y avait cette immense joie, et aussi le sentiment très concret qu’une porte s’ouvrait.
Vous avez remporté la Palme d’or du Court Métrage 2025 : qu’est-ce que ce prix a changé dans votre vie ?
Recevoir ce prix a été très important et je l’ai vécu avec beaucoup de gratitude et de joie. Ce qu’il a changé avant tout, c’est qu’il m’a conforté dans un désir que je portais depuis longtemps : celui de réaliser des films. Et surtout, il m’a donné une forme d’ancrage, de stabilité. Il a rendu la perspective d’un premier long métrage, non pas simple, mais réellement et concrètement possible.
« S’il y a une chose que j’ai apprise en chemin, c’est peut-être de ne pas attendre qu’on vous donne la permission de faire le vôtre. »
Quels sont vos meilleurs souvenirs au Festival ?
Ce que je retiens surtout de cette expérience c’est d’avoir pu la partager avec les personnes qui ont fait le film. Dans l’équipe, certaines étaient là depuis longtemps, d’autres sont devenues une famille en le faisant, et c’est sans doute ça qui reste le plus.
Avez-vous des projets en cours ?
Aujourd’hui je prépare mon premier long métrage et c’est une histoire que je mûris depuis très longtemps. Au moment où j’ai compris que, pour réaliser, je devais aussi écrire, j’ai mis ce projet de côté pour passer par le court métrage et apprendre à écrire. Aujourd’hui, je reviens à cette première histoire que je porte depuis longtemps et le tournage approche.
Auriez-vous des conseils à partager à la nouvelle génération de cinéastes ?
Je crois que je serais mal placé pour donner des conseils parce qu’il n’y a pas de règles ou de mode d’emploi pour faire des films. Mais s’il y a une chose que j’ai apprise en chemin, c’est peut-être de ne pas attendre qu’on vous donne la permission de faire le vôtre.
Un film que vous avez envie de faire découvrir ? Et pourquoi ?
Last and First Man de Johan Johansson. C’est un film très singulier, qui m’a beaucoup marqué. Il y a quelque chose dans sa forme, dans son rythme et sa puissance visuelle qui me touche profondément. C’est un film qui m’accompagne encore aujourd’hui.